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ARCE ou maintien de l'ARE : que choisir pour financer votre création d'entreprise ?

ARCE ou maintien de l'ARE à la création d'entreprise : montants, conditions, exemples chiffrés et critères concrets pour choisir l'option la plus avantageuse.

La rédaction, Entreprendre en Aquitaine 8 min de lecture
Conseiller et créatrice d'entreprise comparant deux options de financement sur des documents chiffrés, dans un bureau moderne.

Vous quittez un emploi ou une période de chômage pour créer votre entreprise ? France Travail vous propose alors un choix structurant : percevoir une partie de vos droits au chômage en capital (l’ARCE) ou conserver votre allocation mensuelle pendant le démarrage (le maintien de l’ARE). Les deux options sont exclusives l’une de l’autre, et la bonne réponse dépend de votre projet : besoin de trésorerie immédiate, durée avant les premiers revenus, statut juridique choisi. Voici les règles du jeu, des ordres de grandeur chiffrés et une méthode simple pour trancher.

Un choix irréversible en pratique

Une fois l'ARCE demandée et versée, il est très difficile de revenir au versement mensuel. Prenez le temps de simuler les deux scénarios avant de signer quoi que ce soit, idéalement avec votre conseiller France Travail et votre expert-comptable.

ARCE et maintien de l’ARE : de quoi parle-t-on exactement ?

L’ARCE : vos droits versés en capital

L’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) transforme une partie de vos droits restants à l’allocation chômage en un versement en capital. À la date de rédaction, elle représente environ 60 % du reliquat de vos droits au jour de la création (taux à vérifier auprès de France Travail, car il a déjà évolué par le passé), diminué d’une petite retenue au titre des retraites complémentaires.

Le versement s’effectue en deux fois : une première moitié au démarrage de l’activité, la seconde environ six mois plus tard, à condition que l’entreprise soit toujours en activité. Condition d’accès essentielle : bénéficier de l’ACRE, l’exonération partielle de cotisations sociales de début d’activité.

Le maintien de l’ARE : l’allocation mensuelle continue

Avec le maintien de l’ARE, vous restez inscrit à France Travail et continuez de percevoir votre allocation chaque mois, ajustée en fonction des rémunérations que vous vous versez au titre de votre nouvelle activité. Si vous ne vous rémunérez pas, le maintien peut être intégral. Les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils repoussent la date de fin de vos droits, dans la limite de votre durée d’indemnisation.

Les deux options face à face

CritèreARCEMaintien de l’ARE
FormeCapital versé en 2 foisAllocation mensuelle
Montant≈ 60 % du reliquat de droits (à vérifier)Jusqu’à 100 % de l’ARE selon rémunération
Condition cléBénéficier de l’ACRERester inscrit et déclarer chaque mois
Droits restantsReliquat gelé (reprise possible si cessation)Consommés plus lentement, fin de droits repoussée
Idéal pourInvestissement de départ, apport bancaireRevenus différés, démarrage progressif
≈ 60 %du reliquat versé via l'ARCE
2 versementsau démarrage puis 6 mois après
Jusqu'à 100 %de l'ARE maintenue sans rémunération

Comment fonctionne concrètement le maintien de l’ARE

Le mécanisme repose sur votre déclaration mensuelle. Trois situations types :

  • Vous ne vous versez aucune rémunération (cas fréquent la première année en SASU ou EURL soumise à l’impôt sur les sociétés) : l’allocation est en général maintenue en totalité, sur justificatif de non-rémunération.
  • Vous vous versez une rémunération modérée : France Travail déduit de votre allocation une fraction de cette rémunération (une décote d’environ 70 % de la rémunération brute déclarée est appliquée sur l’ARE mensuelle, selon les règles en vigueur, à vérifier pour votre cas). Le cumul allocation + revenus reste plafonné par votre ancien salaire de référence.
  • En micro-entreprise : c’est le chiffre d’affaires déclaré, après abattement forfaitaire selon votre activité, qui sert de base au calcul. Un mois sans chiffre d’affaires peut donc ouvrir droit à une allocation complète.

L’intérêt majeur : votre filet de sécurité s’étire dans le temps. Chaque euro d’allocation non versé un mois donné reste disponible pour plus tard. Pour un créateur dont le projet mettra douze à dix-huit mois à générer un revenu, c’est souvent l’option la plus protectrice. Le statut juridique joue ici un rôle direct : le choix entre SASU et EURL pour un entrepreneur seul conditionne la manière dont votre rémunération est traitée.

Comment fonctionne l’ARCE, et à quoi faire attention

L’ARCE répond à une autre logique : injecter du cash immédiatement dans le projet. Exemple d’ordre de grandeur : avec 20 000 € de droits restants au jour de la création, l’ARCE représenterait environ 12 000 €, versés en deux fois à six mois d’intervalle (chiffres indicatifs, hors retenue).

Avantages

  • Capital disponible dès le démarrage pour investir
  • Renforce l'apport personnel face à la banque
  • Aucune déclaration mensuelle à gérer ensuite
  • Cumul possible avec les revenus de l'activité, sans plafond lié à l'ARE

Inconvénients

  • Environ 40 % du reliquat n'est pas versé
  • Fin du revenu mensuel de sécurité
  • Choix quasi irréversible une fois le capital perçu
  • Second versement conditionné à la poursuite de l'activité

Point souvent négligé : le reliquat non versé n’est pas détruit. En cas de cessation d’activité, une reprise des droits restants est possible sous conditions et dans certains délais. Mais tant que l’entreprise vit, vous ne percevez plus rien de France Travail. Anticipez aussi la suite : une fois vos droits épuisés ou l’ARCE consommée, le dirigeant n’est en principe plus couvert contre la perte d’activité, un sujet traité en détail dans notre article sur l’assurance chômage du dirigeant.

Quel choix selon votre situation ?

Le maintien de l’ARE est souvent préférable si…

  • Votre projet ne demande pas d’investissement initial lourd (conseil, services, freelancing, activité en ligne).
  • Vos revenus seront différés : vous visez la rentabilité à douze mois ou plus.
  • Vous pouvez ne pas vous rémunérer la première année et vivre de l’allocation.
  • Vous voulez conserver un droit à l’erreur maximal : si le projet échoue, vos droits sont encore largement disponibles.

L’ARCE est souvent préférable si…

  • Vous devez financer un investissement de départ : stock, matériel, travaux, droit au bail, rachat de fonds.
  • Vous cherchez un effet de levier bancaire : le capital ARCE gonfle l’apport personnel, argument décisif pour obtenir un prêt pour lancer son entreprise.
  • Votre activité générera des revenus rapidement, rendant l’allocation mensuelle vite réduite ou inutile.
  • Vous approchez de la fin de vos droits : mieux vaut parfois sécuriser 60 % d’un reliquat en capital que de courir après quelques mois d’allocation résiduelle.
La règle des trois questions

Combien mon projet exige-t-il de cash au jour 1 ? Dans combien de mois pourrai-je me rémunérer ? Que se passe-t-il pour moi si le projet s'arrête dans dix-huit mois ? Si vos réponses privilégient la sécurité, orientez-vous vers le maintien ; si elles privilégient l'investissement immédiat, vers l'ARCE.

Les erreurs à éviter

  • Choisir l’ARCE par réflexe parce que « un capital, c’est toujours bon à prendre » : si l’argent n’a pas d’usage précis dans le projet, vous sacrifiez environ 40 % de vos droits et votre revenu de sécurité pour rien.
  • Oublier la demande d’ACRE en micro-entreprise : sans elle, l’ARCE est inaccessible, et la demande est enfermée dans des délais stricts après la création.
  • Négliger les déclarations mensuelles en maintien d’ARE : une déclaration erronée ou tardive entraîne des régularisations, voire des trop-perçus à rembourser.
  • Se verser un salaire trop tôt en maintien d’ARE : chaque euro de rémunération réduit l’allocation. Il est souvent plus pertinent d’arbitrer sa rémunération globalement, comme nous l’expliquons dans notre guide salaire ou dividendes en SASU.
  • Décider seul sur la base de forums : les règles (taux de l’ARCE, modalités de cumul, plafonds) évoluent régulièrement. Faites valider votre scénario par votre conseiller France Travail et votre expert-comptable avant la création.

À retenir

  • ARCE et maintien de l'ARE sont exclusifs : capital immédiat d'un côté, allocation mensuelle ajustée de l'autre.
  • L'ARCE verse environ 60 % du reliquat de droits en deux fois et exige de bénéficier de l'ACRE.
  • Le maintien de l'ARE peut être intégral sans rémunération et repousse la fin de vos droits d'autant.
  • Projet capitalistique et revenus rapides : ARCE. Revenus différés et besoin de sécurité : maintien de l'ARE.
  • Simulez les deux options avec France Travail et votre expert-comptable avant d'immatriculer l'entreprise.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler l'ARCE et le maintien de l'ARE ?

Non, les deux dispositifs sont exclusifs l'un de l'autre. Vous devez choisir : soit vous percevez une partie de vos droits sous forme de capital (ARCE), soit vous conservez le versement mensuel de votre allocation, ajusté selon vos revenus d'activité. Le choix se fait au moment de la création ou de la reprise, et il est en pratique très difficile de revenir en arrière une fois l'ARCE versée.

Que deviennent mes droits restants si je choisis l'ARCE ?

L'ARCE ne représente qu'une partie de vos droits restants au moment de la création. Le reliquat non versé n'est pas définitivement perdu : si votre entreprise cesse son activité, vous pouvez, sous conditions et dans certains délais, demander une reprise de vos droits restants auprès de France Travail. Il faut toutefois vérifier votre situation précise, car les conditions de reprise sont encadrées.

Faut-il bénéficier de l'ACRE pour toucher l'ARCE ?

Oui. L'ARCE est réservée aux créateurs et repreneurs qui bénéficient de l'ACRE, l'exonération partielle de cotisations sociales de début d'activité. Pour la plupart des créateurs en société, l'ACRE s'applique automatiquement si les conditions sont remplies ; les micro-entrepreneurs doivent en revanche en faire la demande dans les délais impartis. Sans ACRE, pas d'ARCE.

Si je ne me verse aucun salaire, est-ce que je garde toute mon ARE ?

En général, oui. Tant que vous ne vous versez aucune rémunération au titre de votre nouvelle activité : ce qui est fréquent la première année en SASU ou en EURL à l'impôt sur les sociétés : le maintien de l'ARE peut être intégral. Il faut le justifier auprès de France Travail, notamment par un procès-verbal de non-rémunération, et déclarer votre situation chaque mois.

Le maintien de l'ARE fait-il perdre des droits au chômage ?

Non, c'est l'un de ses grands avantages. Les jours non indemnisés parce que vous avez perçu une rémunération décalent d'autant la fin de vos droits, dans la limite de la durée maximale d'indemnisation. Vos droits ne sont pas supprimés, ils sont consommés plus lentement, ce qui prolonge votre filet de sécurité pendant le démarrage.

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